15 novembre 2009, visite aux bateaux du "LOUIS VUITTON TROPHY", baie de NICE.
Car, ce matin, expédition dans la Baie des Anges pour aller voir les "class America" du "LOUIS VUITTON TROPHY".
Sans oublier que Louis Vuitton n'est plus le sponsor du Louis Vuitton Trophy, comprennent ceux qui peuvent comprendre.
Donc, retour vers le large pour retrouver les quatre bateaux déjà dehors. Sortis en remorque sous grand'voile seule, génois hissé au dernier moment.
De beaux bestiaux quand même, uniquement pour la course n'est-ce-pas.
Dommage, pas un brin de soleil, je déclenche vite dés qu'il semble un peu émerger derrière les nuages, mais c'est rare.
Autant essayer le contre-jour, qu'est-ce qu'on risque ?
Effet de transparence, les voiles en kevlar/mylar sont superbes, c'est presque aussi beau que les petites robes d'été.
Quelques fois nous étions assez près, mais le "service d'ordre" était plutôt cool, après tout nous étions le seul bateau de sauvetage sur place...
Un peu de clapot tout de même, on perd les coques de vue, ça remue pas mal, merci les copains qui me cramponnent pendant que je fais les photos.
En plus du remue-ménage, garder l'oeil sans arrêt dans le viseur... un bon truc pour choper la gerbe !
Exemple de match-racing, le spi asymétrique du second est complètement dégonflé par les filets d'air du premier.
Les anglais dont le sens de l'humour est proverbial, disent qu'il y a un seul sport au monde dont les joueurs même ne sont pas certains des règles : le cricket.
On pourrait rajouter les régates de l'America où pas mal de victoires ont été décidées bien après l'arrivée, sur le "tapis vert" comme ils disent.
Et encore, maintenant les bateaux sont identiques, au moins, la coque nue ne doit pas peser moins d'une tonne (!). Pour 25 mètres de long... c'est un exploit. Le sandwich carbone-nid d'abeilles-carbone est omniprésent. Sur certaines photos on voit très bien l'épaisseur du sandwich à l'arrière, là où il n'y a même plus de tableau arrière.
Pendant très longtemps les courses se faisaient en temps compensé, bonjour les calculs d'apothicaire.
Ensuite les immenses classe J,
les 12 M JI (qui ne faisaient pas 12 mètres mais plutôt 25 mètres de long)
et tout dernièrement les class America, jusqu'aux Trimarans en février prochain à Valence, on aura tout vu.
A propos Président, on va à Valence en février ?
Les bateaux anglais inscrits pour cette course de 1851 (Course des 100 guinées, pas encore course de l'America) étaient tous du type "cotre" à lourde quille lestée, très profonde, très gîtards et imprenables au près serré.
En face l'America était un OVNI (OFNI ?) extra-terrestre avec une coque large à fond très plat, avec une dérive (shocking), des voiles plates en coton lacées sur les espars, et un équipage de joyeux drilles qui venaient de traverser l'Atlantique pour se rendre à la course, et dont le niveau était largement supérieur aux équipages anglais constitués principalement d'invités et de marins salariés.
Le résultat ne se fit pas attendre, l'America boucla son tour de l'île de Wight avec une avance telle qu'à la question de la reine Victoria " qui est le second ? " il lui fut répondu "il n'y a pas de second majesté".
Bon, tempérons un peu : America, à cause d'instructions de course un peu floues, aurait "tiré au plus court" en prenant le chenal qui partage l'île de Wight mais, comme la plupart des voiliers anglais firent pareil... la victoire fut validée.
Egalement, "le second" n'arriva jamais que huit minutes plus tard. Ironie de l'histoire c'était le plus petit bateau anglais... si le temps compensé avait été appliqué... l'anglais aurait gagné !
Le prix de cent guinées mis en jeu par les anglais étaient encaissé par les cousins d'amérique.
Quand cette course deviendra la "coupe de l'America", les hommes d'affaires anglais (Sir Thomas LIPTON, le thé) se ruineront pour récupérer le trophée, à ce jour ils n'en ont toujours pas revu la couleur.
Le trophée actuel (plus ancien trophée sportif du monde) est une espèce de truc rococo, tourmenté, compliqué et d'un goût discutable, constitué de cinq kilos d'argent. Comme le nom de chaque vainqueur est inscrit dessus depuis l'origine, il a fallu rehausser le machin deux fois déjà.
Quelques mots sur une figure marquante de la Coupe de l'America : Charlie Barr (1864-1911).
Il a été le premier à avoir gagné TROIS fois le trophée en 1899, 1901, 1903.
Un marin d'exception qui, en 1905, établira un record extraordinaire sur la traversée de l'Atlantique :
Sur la göélette ATLANTIC, 60 mètres, 50 hommes d'équipage : 12 jours 4 heures !
Ce n'est que 75 ans plus tard qu'Eric TABARLY prendra ce record sur son trimaran PAUL RICARD, 10 jours 5 heures en 1950.
Le premier monocoque à battre le record de Charlie Barr ne le fera que 100 ans plus tard, en 2005,
MARI-CHA IV, 43 mètres, 9 jours 15 heures 55 minutes.
ça c'est des marins les gars !
Pour moi, c'est une goëlette à huniers, s'il y a d'autres avis ?
Toujours féminine la figure de proue,
et : à la proue, de dos, loin, hors de vue de l'équipage : pas besoin d'alimenter les phantasmes pendant les longs mois de mer...
Et surtout, seule représentation féminine admise à bord car, comme disent les dictons incontournables :
Péronnelle à bord => de l'eau par les sabords !
Donzelle sur la dunette => la poudre d'escampette !
Des dizaines comme ceux-là, les présences féminines "étaient" aussi craintes que le "nom du cousin du lièvre..."
On voit bien que ce n'est pas très épais, pas de couples, de tableau, de serres bauquières... léger-léger.
A propos, faut pas toucher hein, le moindre effleurement par l'autre bateau en course : réclamation,
y compris pour le petit bout entre les deux tiges : matérialise l'extrémité du bateau. (!).
Comme dit Bernard : "tellement étroit que de face, on le voit pas". Stealth ?
Deux pavillons qui se croisent...
Bon, allez, fin du dernier round à quatre, rentrons il fait faim.
A bientôt.








































